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76e Congrès FIFA : Les grandes leçons des travaux de Vancouver
par Moustapha BACHIROU
Réuni le 30 avril 2026 à quelques semaines du Mondial à 48 équipes, le 76ème Congrès de l’instance internationale a adopté des mesures fortes contre les discriminations, désigné Rabat pour accueillir la prochaine élection présidentielle, et offert un nouveau succès politique à Gianni Infantino.
Le centre de conventions de Vancouver, face aux eaux glacées du Pacifique, a servi de cadre à un congrès placé sous le signe de la sérénité organisationnelle et de la fermeté éthique. Réunissant les 211 associations membres, la FIFA a voulu montrer, juste avant l’effervescence de la Coupe du monde nord-américaine (Canada, Mexique, États-Unis), que l’institution zurichoise est devenue une machine économique redoutable.
Des finances record et un Infantino renforcé
Dans un long discours, Gianni Infantino a annoncé des revenus historiques, permettant de quadrupler les investissements du programme Forward. Cette manne financière profite directement aux petites fédérations, notamment africaines, asiatiques et sud-américaines, qui lui garantissent une fidélité précieuse en vue d’un nouveau mandat. Le président sortant a célébré un football globalisé où chaque nation bénéficie d’une redistribution équitable des droits télévisuels et marketing.
Une offensive radicale contre le racisme
Le temps fort de la matinée restera l’adoption d’un plan d’action mondial contre les discriminations. Désormais, tout acte raciste constaté dans un stade pourra entraîner une défaite par forfait immédiate pour le club ou la sélection concernée. Cette mesure, saluée par une standing ovation, vise à protéger les joueurs et à responsabiliser les instances nationales. La FIFA fait ainsi passer la lutte pour les valeurs humaines au cœur de sa communication institutionnelle.
Rabat accueillera le prochain congrès électif
Autre décision majeure : l’attribution du 77ème Congrès de la FIFA à Rabat, prévu le 18 mars 2027. Ce rendez-vous sera particulièrement scruté car il sera électif. Le choix du Maroc n’est pas anodin : il récompense l’influence croissante du royaume chérifien sur l’échiquier mondial, fort de ses infrastructures de pointe et de sa co-organisation future du Mondial 2030.
Technologie, calendriers et football féminin
Les délégués ont également planché sur des sujets techniques : réforme des calendriers internationaux pour mieux équilibrer rentabilité des compétitions de clubs et santé des athlètes, démocratisation de l’aide à l’arbitrage via des solutions moins coûteuses pour les championnats en développement, et renforcement des structures de formation pour le football féminin. Plusieurs protocoles d’accord ont été signés avec des nations africaines pour financer des centres d’excellence et des pelouses synthétiques.
En clôture, Gianni Infantino a insisté : la Coupe du monde 2026 ne doit pas être qu’un événement commercial, mais un « catalyseur social » capable de bâtir des ponts entre les cultures du Canada, du Mexi
que et des États-Unis.